ce qui est caché par ce que nous voyons

La pandémie de Covid-19 a bouleversé notre vie quotidienne de nombreuses façons, notamment notre capacité accrue à reconnaître les personnes dont seule la moitié supérieure du visage est visible.

Cette nouvelle compétence est née du besoin de porter des masques pour freiner la propagation du virus. Au fil du temps, nous sommes devenus plus aptes à identifier nos amis, notre famille et nos collègues grâce à des indices subtils tels que la forme de nos yeux, de nos sourcils et de notre front. Ce phénomène rappelle de manière intéressante les thèmes artistiques explorés par le peintre surréaliste René Magritte (1898-1967), connu pour son motif récurrent de visages partiellement ou totalement obscurcis. Dans les deux cas, nous cherchons à imaginer ce qui est caché par ce que nous voyons.

Les œuvres de Magritte, comme Les Amants et Le Fils de l'homme, représentent souvent des visages cachés derrière des masques, des tissus ou d'autres objets. Ces images incitent les spectateurs à regarder au-delà de l'évidence et à rechercher un sens plus profond, reflétant notre défi actuel de reconnaître les individus masqués. Les masques dans l'art de Magritte symbolisent les aspects cachés de l'identité et de la perception, tout comme nous avons dû nous fier à des traits du visage moins évidents et à des indices contextuels pour identifier les individus masqués pendant la pandémie.

Ainsi, la pandémie nous a involontairement entraînés à une forme de perception visuelle qui s’aligne avec l’exploration de la dissimulation et de l’identité par Magritte, soulignant l’interaction complexe entre la visibilité et la reconnaissance tant dans l’art que dans la vie quotidienne.